Cancer et Ayurveda - en tant que soin complémentaire 

 

- AUTEUR ANITA PILMEIJER (AP),  Praticienne en AyurvedaRectangle : coins arrondis: Review Article Volume 6 Edition 5 – 2017 Anita Pilmeijer* Praticienne ayurvédique EISRA European Institute for Scientific Research on Ayurveda, Netherlands *Auteur: Praticienne ayurvédique, Eisra

 

Objectif

  

Avoir un aperçu des différentes médecines qui traitent le cancer et des moyens d’améliorer l’état du patient pendant la période de traitement. Quels sont les objectifs des soins ayurvédiques pour traiter le cancer ?

  

Les médecines occidentales et ayurvédiques diffèrent dans le traitement du cancer principalement du fait que l’Ayurveda ne disposent pas de traitements corporels agressifs. L’Ayurveda stimule le corps pour qu’il puisse se régénérer de lui-même. L’Ayurveda dispose d’un large éventail de soins et d’herbes médicinales qui purifient et aident les tissus corporels à guérir de façon naturelle. L’équilibre entre le Tridosha et le Triguna en est l’origine. L’Ayurveda peut détecter des déséquilibres infimes à un stade très précoce de cette maladie. Même avant qu’elle ne se manifeste, l’Ayurveda, peut déjà constater des déséquilibres entre le corps et l’esprit. A ce stade préliminaire, et même à un stade plus avancé, l’Ayurveda peut aider le patient à guérir et à prévenir des maladies chroniques sérieuses. A tous les stades, même lorsqu’une maladie telle que le cancer a été diagnostiquée, l’Ayurveda peut apporter la connaissance approfondie des plantes médicinales ainsi que des stratégies adaptées pour son traitement. Pendant une chimiothérapie ou une radiothérapie, l’Ayurvéda peut aider à réduire les effets secondaires du traitement et permettre au corps de récupérer.

 

 

Une maladie chronique telle que le cancer n’affecte pas seulement le corps mais aussi l’esprit. Lorsque quelqu’un se sent bloqué dans son développement personnel, il peut ressentir de la frustration. Cela déséquilibre son mental et cela provoque divers symptômes comme l’hyperactivité, la léthargie, l’indifférence et même la dépression. Les trois derniers états d’esprit font référence à ce que l’Ayurveda qualifie de « tamasic », c’est-à-dire l’aspect négatif du Tamas. Le Tamas ressemble étroitement au Tridosha Kapha. Lorsqu’une maladie chronique telle que le cancer se déclare, le Tamas et le Kapha peuvent se renforcer l’un l’autre. Pour l’Ayurveda, une psychothérapie a une grande importance dans le traitement. La santé ne peut résulter que d’un équilibre entre le corps, le moral et l’esprit.

 

Lorsque la radiothérapie ou la chimiothérapie sont les seuls moyens de soigner, le corps est rudement mis à l’épreuve. Plusieurs remèdes ayurvédiques apportent leur soutien au corps dans le processus de guérison, aident à conserver les forces, car toute votre énergie est nécessaire au processus de guérison. Limiter l’apport en protéines dans votre régime alimentaire afin de freiner la croissance de la tumeur. La plupart des tumeurs sont formées de protéines. En cas de perte d’appétit, faites plusieurs petits en-cas au lieu de trois grands repas. Evitez de manger froid car cela bloque le système digestif. Si les mets solides posent problème, remplacez-les par des soupes nutritives. Utilisez les plantes pour stimuler le système immunitaire. En cas de nausée, prenez du gingembre.

 

 

 

Pancha Karma est conseillé pour déclencher un processus d’auto-guérison du corps, pour calmer les Doshas et le Gunas et pour éliminer l’excès de Kapha et de toxines dans l’organisme. Selon l’origine de la tumeur (V/P/K), l’endroit où elle a débuté et la résistance physique du patient, on purifie les flux physiologiques, on nourrit et revitalise le Dhatus grâce aux plantes, un régime alimentaire adapté et des thérapies complémentaires. Après une chimiothérapie Pancha Karma aura un effet bénéfique sur la récupération à la fois du corps et du moral. La médecine ayurvédique va au-delà du « strict traitement des symptômes ».

 
   

 

En quoi l’Ayurveda peut agir favorablement sur l’évolution de la maladie chez un patient atteint du cancer ?

  

L’Ayurveda stimule les capacités du corps à guérir par ses propres moyens. L’Ayurveda dispose d’un vaste choix de thérapies et de plantes qui purifient et aident les tissus corporels à guérir d’eux-mêmes. Le point de départ est d’équilibrer le Tridosha et le Triguna. L’Ayurveda peut détecter des déséquilibres infimes à un stade très précoce de cette maladie. Même avant qu’elle ne se manifeste, elle peut déjà détecter des déséquilibres de l’esprit et du corps.  L’Ayurveda peut aider un patient à guérir et à prévenir de graves maladies chroniques, à la fois à un stade précoce de cette maladie ou à des stades plus avancés. A tous les stades, même lorsqu’une maladie chronique telle que le cancer a été diagnostiquée, l’Ayurvéda fournit une connaissance élargie des plantes médicinales et des stratégies thérapeutiques. Lors d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie, l’Ayurvéda peut aider à réduire les effets secondaires du traitement et à amener le corps vers la guérison.

  

Comment l’Ayurveda peut contribuer à prévenir et guérir le cancer ?

  

L’Ayurveda conseille de vivre selon notre constitution, les rythmes circadiens et saisonniers, et de suivre un traitement Pancha Karma de temps en temps – pour prévenir ou rétablir le déséquilibre entre le Dhoshas et le Dhatus – afin d’être soulagé de nombreux maux à un stade précoce. Prenez les plantes médicinales prescrites par votre médecin ayurvédique, assurez-vous d’avoir suffisamment d’exercice physique ou marchez en pleine nature. Pratiquez la méditation et le yoga pour relaxer le physique et le psychisme, écoutez da la musique harmonieuse qui soigne et calme l’esprit. Essayez de prendre plus de nourriture sattvic pour équilibrer le corps et l’esprit, respectivement le Doshas et le Gunas. La nourriture sattvic est constituée d’aliments frais et énergisants comme les fruits frais, les légumes (à feuilles), le lait, les céréales, les jus de fruits purs, le beurre, le fromage frais, les noix, noisettes, amandes fraiches, les graines, les germes, le miel et les tisanes. Pas de snacks ni de fast-food, ni de repas prêts à l’emploi. Evitez l’usage du four à micro-ondes, limitez la consommation de viande, en particulier la viande rouge. La vitamine D a un effet protecteur contre le développement des tumeurs, les poissons gras, les œufs et les huiles végétales sont des sources naturelles de vitamine D. L’Ayurveda s’est toujours inspirée de la nature pour pratiquer la médecine et utiliser les ressources naturelles de façon raisonnée.

  

L’Ayurveda est un système ancestral de connaissance (veda) de la vie (ayuh) pratiqué en Inde depuis plus de 5000 ans. Les grands Rishis et sages de l’Inde ancienne arrivèrent pour comprendre la création grâce à la méditation profonde et d’autres pratiques spirituelles. Ils observèrent les principes fondamentaux de la vie, les organisèrent dans un système élaboré, rassemblèrent les textes philosophiques et spirituels, appelés Veda de la connaissance. Les racines de l’Ayurveda sont solidement ancrées dans le Veda. Les Vedas sont des écritures ancestrales indoues, très proches et chères aux cœurs hindous. Les Vedas sont au nombre de quatre : Rig, Yajur, Sama et Atharva. Les références à l’Ayurveda trouvées dans les Vedas sont liées aux différents sujets tels que l’anatomie humaine et la physiologie, la théorie des Tridoshas (les trois forces biologiques et le Panchamahabhuta (les cinq proto-éléments), l’étiologie des maladies, l’utilisation médicinale des plantes, les différents types de traitement, les régimes alimentaires, les éthiques médicales, la santé en suivant un code de conduite moral etc.

  

L’Ayurveda intègre scrupuleusement six importants systèmes philosophiques indiens, de nombreuses sciences physiques et comportementales et les arts de la médecine.

  

L’histoire de l’Ayurveda

  

L’Ayurveda œuvre à soigner la maladie, à maintenir en bonne santé et à prévenir les maladies afin de favoriser la qualité de la vie et la longévité de la vie. 

Le corps, les sens, l’esprit et l’âme sont appelés la Vie. Aussi connue sous le nom de Nityaga (celui qui est constamment en mouvement). Un ensemble de trois socles (tripod), l’esprit, l’âme et le corps maintient la vie. Une combinaison de ces trois ensembles est appelée Purusha (être humain), le sujet principal de l’Ayurveda. Pour l’Ayurveda, la vie peut être considérée sous un autre angle, appelé Prana. On entend par Prana une combinaison saine de ce qui suit :  Satva, Raja, Tamas, Vayu, Agni, Soma, les cinq organes sensoriels et Atma. Ici, Satva, Rajas et Tamas représentent les Gunas mentales (qualités) et Vayu, Agni et Soma représentent Vata, Pitta et Kapha (les trois humeurs). Un manque d’un de ces éléments cause des maladies ou la mort.

  

Le tripod Satva, Atma, Sharera sont les trois piliers qui permettent la vie.

  

Satva

 

L’esprit regroupe la formation de la pensée et la compréhension intellectuelle qui provient de la connaissance, de la capacité à retenir cette connaissance et à en faire usage. Un juste équilibre de l’esprit est très important pour le bien-être d’un individu. Utiliser à bon escient l’esprit ne résout pas seulement les problèmes psychologiques mais nous conduit également à la réalisation de soi.

  

Atma : l’âme

  

Jeevatma est l’âme individuelle, connue comme être vivant. Paramatma est l’âme supra, c’est-à-dire le juge (Seigneur) suprême qui réside dans le cœur de chaque être vivant comme témoin. Il n’est jamais affecté par les peines ou la joie, il est un observateur. Lorsque le Jeevatma quitte le corps, on meurt.

  

Shareer : le corps

  

Au moment de la conception, Atma pénètre à la fois les spermatozoïdes et l’ovule. Atma transforme quelques Panchamahabhoota des deux cellules en de nouvelles entités, capables de porter la vie.

  

La santé n’est pas que la simple absence de maladie mais est définie par l’expérience du bonheur de l’âme, de l’esprit et des sens. La santé est un bon équilibre entre les trois forces qui gouvernent le corps, les sept tissus, les trois déchets, la digestion et d’autres processus tels que le système immunitaire. L’Ayurveda accorde plus d’importance à la prévention des maladies qu’à leur soin. Sushruta, un savant érudit de l’antiquité et auteur de Sushruta Samhita, le texte consacré à la chirurgie, a défini ce qu’est la santé. D’après ses enseignements, une personne dont le Dosha, Agni (feu digestif), Dhatus (tissus) et Malas (fonctions excrétoires) sont équilibrés, et son âme et son corps – indriyas (fonctions supérieures) et Mana (esprit) sont heureux ; alors les objectifs de l’Ayurveda sont atteints. La santé est appelée « Swasthya » en Ayurvéda (celui qui reste en lui « swa »-même. « Swa » désigne aussi « Prakriti » ou constitution, ce qui fait que le concept de « swa » peut être différent d’une personne à l’autre.

  

L’Ayurveda classifie les personnes en trois groupes selon la prédominance de trois forces ou énergie ou humeur biologiques et vitales de base appelées Kapha, Pitta et Vata. La structure du corps humain, selon l’Ayurveda, est constituée de cinq grands éléments, le Panchamahadhoota et le Tridosha (trois structures de fonctionnement). Le Tridosha est formé par le Panchamahabhoota.

  

Cancer et plantes médicinales ayurvédiques

  

Le cancer est un combat global permanent contre lequel de nombreux soins ou thérapies préventives ont été développées. La maladie se caractérise par la multiplication continue de cellules humaines qui ont la particularité de ne plus pouvoir être contrôlées ou stoppées. La conséquence est la formation de cellules malignes devenant de potentielles métastases (I. Ochwang).

  

Les traitements actuels comprennent la chimiothérapie, la radiothérapie et des médicaments à base de chimie.  Les traitements tels que la chimiothérapie peuvent mettre les patients sous une telle pression que leur santé est particulièrement détériorée. C’est pour cela que l’utilisation des traitements contre le cancer ou thérapies complémentaires attire l’attention.

  

Depuis de nombreuses années les plantes médicinales ont été utilisées et sont toujours utilisées dans les pays en voie de développement comme base fondamentale d’un traitement médical. Les plantes ont été utilisées en médecine pour leurs propriétés antiseptiques naturelles. Ainsi, la recherche s’est orientée vers le développement et l’étude des propriétés et des utilisations potentielles des extraits de plantes terrestres pour la préparation de médicaments, à base de matières nano contre les maladies, dont le cancer.

  

Les plantes médicinales sont utilisées depuis des milliers d’années par les médecines traditionnelles des peuples asiatique et africain, et, de nombreuses plantes sont consommées pour le bénéfice qu’elles apportent à la santé dans les pays développés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), certains pays ont toujours recours aux traitements basés sur les plantes, en tant que source principale de médecine, et des pays en voie de développement utilisent les bénéfices de composants naturels à des fins thérapeutiques (Rajaeswara Rao BR Singh). Les composants qui ont été identifiés et extraits des plantes terrestres pour leurs propriétés anti-cancer comprennent les polyphénols, les brassinostéroïdes et les taxols.

  

Ashwagandha (Withania Somnifera – ginseng indien)

  

Plante qui stimule le système immunitaire, réduit Vata/Kapha (Pitta en excès), soutient le processus de récupération suite à une fatigue générale, à des troubles nerveux, et régénère généralement les tissus. L’ashwagandha a un goût sucré, astringent et amer (rasa), a un effet sucré après la digestion et a une puissance (virya) chaude. Elle nourrit tous les Dhatus (tissus) et a des propriétés régénérantes (Rasayana). Elle augmente la vigueur sexuelle et la vitalité (Vajikara) pour les deux sexes. Elle a les propriétés Laghu (lumière) et Snigdha (onctuosité). Elle est bénéfique pour un grand nombre de problèmes. C’est un léger diurétique qui réduit les fluides corporels en excès. Elle est également bénéfique dans les maladies du sang car elle le purifie, le lait médicinal d’aswagandha est très utile dans l’œdème laissé par l’anémie.

  

De nombreuses études prouvent que l’aswagandha fonctionne de différentes façons pour prévenir ou pour stopper la croissance du cancer, souvent mortel (Marie Winters – Médecine Antique – Utilisation moderne).

  

  1. Protection anti-oxydante des cellules normales contre le cancer (G.H. Schmelzer)

     

  2. Attaque pro-oxydante contre les cellules cancéreuses

     

  3. Amélioration des effets de la chimiothérapie et de la radiothérapie contre les cellules cancéreuses

     

  4. Protection des cellules normales contre les dégâts causés par les thérapies conventionnelles du cancer.

     

  5. Arrêt de l’angiogenèse – création de nouveau vaisseaux sanguins qui nourrissent le cancer, l’aide à croître et à s’étendre (Shiel jr, William C)

     

  6. Blocage des protéines dont le cancer a besoin pour croître (Yu, Yanke et Al)

     

    L’un des moyens par lequel l’Ashagandha empêche le cancer de proliférer et de s’étendre est l’interruption de la division des cellules et l’inhibition du développement des nouveaux vaisseaux sanguins qui nourrissent les cellules cancéreuses voraces. Une étude sur animal reproduisant un cancer du poumon a démontré qu’elle supportait l’activité chimiothérapique du Paclitaxel (Taxol) tandis que ses propriétés anti-oxydantes réduisaient le stress oxydatif causé par les tumeurs (Schmelzer, Gabriella Harriet, Gurib-Fakim, Ameenah)

      

  1. Shatavari (separagus racemosus), réduit Vata, Pitta, aggrave Kapha. Plante qui stimule le système immunitaire, aide à la digestion, est utile contre les ulcères de l’estomac, les fièvres inflammatoires et chroniques. Est bénéfique lors de la ménopause, et pour la protection des tissus. Shatavari a un goût sucré et amer (rasa),  a un effet sucré après la digestion (vipaka) et a une puissance froide (virya). Elle a les propriétés force (guru), onctuosité (snighda) et douceur (mrdu). Les propriétés principales sont froid, régénérant, de galactose, aphrodisiaque, anabolisant, bénéfique pour la vue. Shatavari augmente l’appétit et stimule le foie. Il agit dans le traitement des ulcères gastriques et duodénaux.

     

  2. Guduchi (Tinosporia cordifolia) équilibre le Tridosha (Vata, Pitta, Kapha), augmente l’effet protecteur des globules blancs, renforce le mécanisme d’auto-défense du corps (système immunitaire), plante très efficace pour le foie, utile dans la prévention des maladies du foie, bénéfique pour les troubles de la digestion, spécialement recommandé avant et après une chimiothérapie, afin de récupérer des forces. Guduchi a un goût amer, âcre et astringent (rasa), a un effet sucré après la digestion (vipaka) et une puissance chaude (virya). Il a des propriétés lumière (laghu) et huile (snighda). Guduchu est l’un des régénérants  (rasayana) les plus efficaces. Il agit bien sur les 7 dhatus, tissus, et équilibre les systèmes. Il est très utile dans les affections du système digestif comme l’hyperacidité, la colite, les infestations de parasites, perte d’appétit, douleur abdominale, soif excessive, vomissement, les affections du foie comme l’hépatite.

     

  3. Triphala (amlaki = Emblica officinalis Bibbitaki = Terminalia Bellirica Haritaki = terminalia chebula, équilibre Tridosha (Vata, Pitta et Kapha en excès), favorise un appétit normal, une bonne digestion. Il augmente les globules rouges et l’hémoglobine. Il supprime l’excès de Kapha et aide à réduire la graisse indésirable, utile dans le diabète. Stimule la purification interne naturelle, nourrit et régénère les tissus, c’est un antioxydant naturel.

     

    Triphala est connu pour ses propriétés anti-cancer. Les études de toxicité ont montré que Triphala n’est pas toxique jusqu’à des doses de 240mg/kg. L’une des études a montré qu’il a une action protectrice contre les radiations. Il réduit la croissance des cellules tumorales cancéreuses dans le corps. Il aide à la prévention du cancer et a des effets antineoplastiques, de protection contre les rayons et la chimiothérapie. Triphala diminue la croissance des cellules cancéreuses pancréatiques. Les scientifiques ont montré que les tumeurs des souris traitées avec du Triphala étaient d’une taille deux fois inférieure à celle d’une souris non traitée, sans effet secondaire sur les cellules pancréatiques normales. Selon le journal de décembre 2005 de la recherche chimique et expérimentale contre le cancer du laboratoire des rayons et biologique de l’université Jawaharlal Nehru, on a noté que le Triphala permettait de réduire la fréquence des tumeurs et d’augmenter l’effet antioxydant.

     

  4. Tulsi (Ocinum sanctum) basilic sacré, calme le Vata et Kapha, augmente le Pitta. Déclenche le processus de digestion, c’est un tonique cardiaque. Il a des propriétés anti-inflammatoires et anti-oxydantes. Il réduit les effets du stress chronique, favorise la guérison des plaies, diminue les taux de sucre dans le sang dans le diabète de type II, améliore la mémoire et diminue le cholestérol. Tulsi a un goût piquant et amer (rasa), piquant dans la phase d’après digestion (vipaka) et une puissance chaude (virya). Il a les propriétés lumière (laghu) et sèche (ruksa). A l’inverse, les graines sont huileuses (snighda) et collantes (picchila), elles ont une puissance froide (virya). Tulsi favorise l’augmentation de l’appétit et améliore la digestion.

     

  5. Les aliments qui préviennent et inhibent la croissance tumorale sont les raisins trempés dans l’eau, les betteraves rouges détoxifient le foie, en jus et soupe avec des herbes selon votre constitution, des betteraves crues, le jus de carottes a des propriétés anti carcinogènes ; prise trois mois, la poudre Turmerie (curcuma) le matin avec un verre d’eau tiède est anti bactérienne, arrête les saignements, soigne les tissus est un anti-inflammatoire puissant (dr.a.Mehta).

  

Turmeric (Curcuma)

  

A fait l’objet de nombreuses études depuis des dizaines d’année et a montré clairement des propriétés anti-cancéreuses lors des essais cliniques, mais il n’est toujours pas largement prescrit dans les thérapies anti-cancer, car il n’y que peu d’incitation financière à le faire. Les entreprises pharmaceutiques ne peuvent pas breveter des substances naturelles, et, sans brevet, il n’y pas de profit. La bonne nouvelle c’est que vous pouvez bénéficier des propriétés du curcuma en utilisant l’épice curcuma dans votre cuisine en tant que complément alimentaire. Introduire suffisamment de curcuma dans votre régime alimentaire est un défi car il est difficilement assimilable par le corps. En d’autres termes, le corps humain n’absorbe pas beaucoup de curcuma lorsqu’il est ingéré seul. Le curcuma n’est pas non plus soluble dans l’eau, seulement dans la graisse. C’est pour cela qu’il vaut mieux associer le curcuma à une huile saine comme l’huile d’olive extra-vierge ou huile de noix de coco dans les recettes, lorsque cela est possible. (Nota Bene : ne jamais utiliser d’huiles végétales telles que celles de mais, de soja, de colza, de tournesol etc, car elles favorisent un état inflammatoire, et alimentent le cancer, elles sont souvent rances et génétiquement modifiées.)

  

Les effets anti cancer du curcuma sont amplifiés lorsqu’il est associé à des nutriments puissants comme l’huile de poisson, l’huile d’olive ou de noix de coco et/ou le poivre noir, car il est plus facilement assimilable par le corps.

  

Selon le Docteur Michael Greger MD, la pipérine (le composé phyto-chimique du poivre noir qui lui donne ce goût piquant) augmente la capacité d’absorption du curcuma. Apparemment, même une petite pincée de poivre peut avoir des effets positifs et significatifs sur les capacités d’absorption du corps. Le Dr. Greger a aussi remarqué que manger la racine entière fraîche du curcuma est meilleure et, la mélanger avec de l’huile naturelle peut améliorer son absorption d’au moins sept à huit fois (dr. V.Desaulniers).

  

Les plantes médicinales utilisées lors d’effets secondaires d’un traitement allopathique

  

  1. Diarrhée – Bilva Alma

     

  2. Constipation – Haritaki

     

  3. Insomnie – Jatamansi

     

  4. Fatigue – Bala

     

  5. Perte de mémoire Brahmi, Haritaki, Vacha

     

  6. Perte de cheveux – Brahmi, huile Bringaraj (Dr A. Mehta

     

    Ayurveda classique et cancer

     

    Arbuda est le mot sanskrit de la tumeur. Selon Sushrut, les trois Doshas (Vata, Pitta et Kapha) lorsqu’ils sont exacerbés peuvent conduire au développement d’une tumeur maligne, particulièrement les Dhoshas exacerbés Kapha et Vata. Cela touche les tissus et peut conduire au développement d’une tumeur maligne.

     

    Cette tumeur aura les caractéristiques suivantes : 

  1. Ronde

     

  2. Ferme

     

  3. Provoquant une légère douleur

     

  4. Grande

     

  5. Profondément ancrée dans le corps

     

  6. A la croissance lente

     

  7. Pas de suppuration

     

  8. Croît en gonflant, à l’aspect pulpeux.

     

    Une tumeur maligne ne suppure pas car elle contient du Kapha en excès et du tissu adipeux, en formant ainsi de petites boules fermes.

     

    Sushruta (le Sushruta Samhita est le principal texte chirugical de l’Ayurveda, d’après le chirurgien Sushruta Ashtanga) qui décrit 6 sortes de tumeur, les quatre premières étant bénignes et qui peuvent être traitées à un stade précoce grâce à des thérapies appropriées. Les deux dernières tumeurs sont malignes.

      

Tumeur

Causée par

Vatika Granthi

Vata Dosha

Paitika Granthi

Pitta Dosha

Kaphaja Granthi

Kapha Dosha

Medas Granthi

Tissu adipeux affecté

Rakta Arbuda (tumeur sanguine)

Sang affecté (maligne)

 

Mamsa Arbuda (tumeur du muscle)

Tissu musculaire affecté (maligne)

 

  

Symptômes des tumeurs bénignes

  

 

Tumeur

Causée par

Vatika Granthi

Douleur aigue et vive, grande noire, grossit ou rétrécit de façon mobile, gonflement dur, Vata aggravé

Paitika Granthi

Sensation de brûlure, couleur jaune ou rouge, croît rapidement, Pitta aggravé

Kaphaja Granthi

Pas de douleur, grosse boule dure, froide, coloration de la peau, démangeaison, Kapha aggravé

Rakta Granthi (sang)

Vata aggravé, Pitta et Kapha évoluant par la circulation sanguine, Pitta Dosha étant la cause principale des troubles

Mamsa Granthi (tissu musculaire)

Consommation excessive d’aliments nocifs

Medas Granthi (tissu adipeux)

Gras, doux, mobile. Symptômes similaires au Kapha perturbé, dont la taille augmente ou diminue avec augmentation ou perte de poids du patient. Vata amène la graisse aux tissus musculaires ou à la peau.

Asthi Granthi (tissu osseux)

Fractures ou blessures de l’os qui accumule Vata

Sira Granthi (canaux)

Vata gravement accumulé, affaiblit la consistance du sang qui pénètre dans les canaux corporels

Vrana Granthi (ulcère)

Ingestion excessive de toute sorte de nourriture, pendant qu’on se remet d’un ulcère.

 

  

Hémorragie interne, où Vata assèche le sang (vicié). Les tumeurs bénignes lorsqu’elles sont détectées à un stade précoces sont curables car les propriétés asséchantes, compressives et contractantes de Vata ont refermé les vaisseaux sanguins. Il n’a pas été possible pour la tumeur de s’ancrer profondément dans les tissus, sa croissance et son alimentation restent extrêmement limitées. Toutefois, lorsque les tumeurs se retrouvent dans la circulation sanguine, elles sont beaucoup plus sérieuses et difficiles à guérir. Les caractéristiques importantes pour une guérison réussie sont la douleur et la mobilité de la tumeur. Lorsqu’une tumeur est fermement fixée et a commencé à grossir, elle est difficile à traiter et la guérison devient extrêmement difficile.

  

Les tumeurs malignes

  

Rakta Arbuda se produit lorsque Doshas s’aggravent et empêchent le bon fonctionnement des vaisseaux sanguins et gênent également la circulation sanguine. Cela conduit à des perturbations du sang que l’on peut comparer à une accumulation de toxines (ama) dans le sang. Ces toxines (p. ex. carcinogènes) peuvent être l’origine de la tumeur. Lorsque les tumeurs se développent dans les canaux sanguins, leur propagation par le système sanguin et lymphatique se réalise rapidement. Cette large propagation des tumeurs va rendre la guérison extrêmement difficile. Symptômes d’une tumeur sanguine : peu de liquide ou de l’accumulation de pus (signes inflammatoires) autour de la tumeur, croissance rapide, présence de petites métastases et sécrétion de sang vicié. Cette forme est très difficile à guérir.

  

Mamsa Arbuda apparaît lorsque les muscles sont coupés de leur combat par exemple. Lorsqu’à la naissance du muscle apparaît un renflement qui est dur comme de la pierre, non douloureux, immobile sans signe inflammatoire de la même couleur que ce qui l’entoure, c’est alors une tumeur. C’est une forme commune chez les non-végétariens. Mamsa Arbuda est extrêmement difficile à guérir pour les mêmes raisons que pour Rakta Arbuda.

  

Trois formes de métastases selon Sushrut 

  1. Raktarbuda : lorsqu’une tumeur entourée de tumeurs plus petites

     

  2. Adhyarbuda : développement d’une autre tumeur sur la première, ou lorsqu’une tumeur grandit.

     

  3. Sur un endroit préexistant ou près d’une tumeur originelle

     

  4. Dviarbuda : lorsque deux tumeurs apparaissent en même temps.

     

    Ces tumeurs qui provoquent une importante sécrétion de fluide dans les tissus environnants et situées à des endroits vitaux ou dans les vaisseaux (système lymphatique ou circulation sanguine) ou fortement agrippées aux tissus environnants sont très difficiles à guérir. Les tumeurs malignes ne suppurent pas et exsudent plus de liquide, de sang ou de pus. Elles ne sont plus éliminées par le corps, elles grandissent rapidement et recouvrent une grande surface. Elles sont provoquées par les trois Doshas viciés et atteignent toujours les tissus musculaires, les tissus adipeux et le sang

     (Dr. Anil Mehta)

     

    Triguna et cancer

     

    Les fonctions corporelles ne sont pas les seules à contribuer au cancer, les fonctions mentales peuvent aussi concourir au développement d’une tumeur : le Triguna. 

  1. Sattva (bonté, pureté) harmonieux, équilibré, bienveillant, calme

     

  2. Raja (passion) esprit dynamique, parfois sans repos, énergique

     

  3. Tamas (ignorance) calme, parfois lent et indifférent

     

    Lorsque quelqu’un est bloqué dans son évolution pour une raison quelconque, il peut devenir frustré. Cela déséquilibre l’esprit et provoque toutes sortes de symptômes comme l’hyperactivité, la léthargie, l’indifférence ou même la dépression. Les trois derniers symptômes sont des attitudes mentales référencées comme « tamasic », le côté négatif du Tamas. Tamas ressemble fortement au Tridosha Kapha. Lorsqu’une maladie chronique telle que le cancer se développe, Tamas et Kapha peuvent se renforcer ensemble. L’Ayurveda considère la psychothérapie comme une part importante du traitement. La santé ne peut être obtenue que par l’équilibre du corps, du mental et de l’esprit.

     

    Recherche moderne sur l’Ayruveda et le cancer

     

    Des recherches modernes ont été menées pour étudier les effets anti-cancéreux des plantes médicinales et des formulations décrites dans les textes classiques et utilisées par les physiciens ayurvédiques dans des essais cliniques.

     

    Plumbago Rosea, Withania Somnifera, Semecarpus Anacardium, Achyranthes Aspera, Saraca Asoka, Hemidesmus Indicus, Pandanus Odoratissimus, Curcuma Longa, Tinospora Codrifolia, Commiphora Mukul et la liste continue.

     

    Varanadi Ghritam et Indukantam Ghritam sont des formulations qui ont été explorées afin de pouvoir développer de nouveaux médicaments pour traiter le cancer.

     

    Vincristine et Vinblastine sont extraites de la plante Vinca Rosea pour le traitement de la leucémie. Cette plante ne figure pourtant pas au premier plan dans les textes classiques ayurvédiques. Les nombreuses plantes médicinales mentionnées dans la littérature ayurvédique ont démontré des bénéfices potentiels dans la gestion du cancer mais les résultats préliminaires n’ont pas été traduits dans des médicaments efficaces qui peuvent être utilisés efficacement dans les soins.

     

    Un article du Journal Integrative Cancer Therapies rapporte que les espèces botaniques asiatiques (provenant à la fois de la médecine chinoise et ayurvédique) ont été évaluées pour leur capacité à améliorer l’effet thérapeutique grâce à la modulation d’espèce réactive à l’oxygène. Une augmentation de l’efficacité de la radiothérapie sur les tissus de la tumeur permet de réduire les doses utilisées sur les tissus normaux. De plus, quelques plantes peuvent protéger de façon sélective le tissu normal ou accroître sa guérison à la suite d’une radiothérapie. Les résultats sont suffisamment prometteurs pour envisager des essais cliniques. Biran Lawenda de Uniformed University of Health Sciences Bethesda souligne que de nombreux agents botaniques, pour la plupart utilisés dans les pratiques du système médical (par ex. médecine traditionnelle chinoise, médecine ayurvédique ont démontrés avoir des effets modificateurs en radiothérapie sur les tumeurs et les tissus normaux dans des études in-vitro et in-vivo. Certains de ces agents peuvent amplifier le gain thérapeutique d’une radiothérapie soit en agissant comme sur la sensibilisation des cellules tumorales et/ou en protégeant les cellules normales.

       

    Conclusion

     

    La vision de l’Ayurveda sur la pathologie qui en résulte permet de développer des modules de traitement individualisé selon les facteurs de causalité. Le facteur de causalité sera l’un des trois Doshas qui empêche la bonne communication fonctionnelle selon les habitudes du mode de vie, du régime alimentaire, des effets secondaire d’un traitement médicamenteux, des produits chimiques présents dans l’environnement, des raison psychosomatiques. Les causes probables d’une perturbation de la fonction Dosha sont illimitées. Si elles sont identifiées, celles-ci devraient être éliminées, car la source d’une pathologie de Dosha va empêcher l’homéostasie de se rétablir.

     

    Comment l’Ayruveda vise à traiter le cancer :

     

  1. A titre curatif : médicaments qui ont montré des résultats encourageants contre le cancer

     

  2. A titre d’accompagnement : intégrer l’Ayurvéda dans un traitement allopathique pour en combattre les effets secondaires et améliorer la qualité de vie

     

  3. A titre prophylactique : cela inclut swasthavritta (l’hygiène), Ahara (régime alimentaire), Vihara (mode de vie) qui sont particulièrement nécessaires à la prévention d’un cancer

     

  4. A titre palliatif : de nombreux groupes de médicaments augmentent l’immunité Ojas. Ceux-ci sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires.

     

    L’identification des facteurs de causalité qui inhibent la réponse immunitaire aux traitements permettant le rétablissement de l’homéostasie devrait permettre au pouvoir inné Bala de l’immunité de se manifester à un niveau général. Si la force innée est suffisante, alors l’extrait nutritif cellulaire raffiné devrait permettre et soutenir une communication fonctionnelle cellulaire correcte. L’activité des enzymes qui est présente dans toutes les fonctions cellulaires devrait être stimulée pour éliminer toutes les substances non digérées qui se sont accumulées avec le temps et se sont déposées à travers les tissus grâce à la circulation sanguine. Cette activité conjuguée devra permettre d’accroître les mécanismes de suppression de cellules cancéreuses ayant comme conséquence la réduction des cellules cancéreuses et leur prolifération.

     

     

    Bibliographie :

      

  1. Mehta (A.K.)

  2. Ayurveda Today

  3. Ayurvedic Pharmacy

  4. Ayurveda compendium

  5. The National Cancer Institute

  6. Vaidya Atreya Smith, Anatomy and Physiology in Ayurveda

  7. Indian Medicinal Plants, forgotten healers. A guide to Ayurvedic Herbal Medicine. Dr. Prakash Paranjpe

  8. Aggarwal, B.B, From traditional Ayurvedic medicine to modern medicine

  9. Kumaraswamy, B.V, Ayurvedic identification and conceptual analysis of cancer

  10. Praksah, B., Treatment of relapsed undifferentiated acute myeloid leukemia (AML-M0) with Ayurvedic therapy

 

Traduit de l'anglais par Laurence Baccaro-Godeau, laurence.baccarogodeau@laposte.net

 
   

 

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Medicinal Plants and Anticancer Treatment
Author: Anita Pilmeijer
Publisher: International Journal of Complementary and Alternative Medicine
Medcrave IJCAM-10-00326 Medicinal Plants
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Cancer & Ayurveda as a complementary Treatment
Author: Anita Pilmeijer
Publisher: International Journal of Complementary and Alternative Medicine
Cancer & Ayurveda as a complementary Tre
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Cancer & Ayurveda
Traduit de l'anglais
Ayurveda et cancer - traduction en franç
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Plantes médicinales ayurvédiques et traitement anti-cancer - traduction en français
Ayurveda plantes medicinales et traiteme
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